La Jonquera : l’envers du décor de la capitale européenne du sexe
Je me souviens encore de ma première visite à La Jonquera en tant que militante. Cette petite ville frontalière entre la France et l’Espagne, connue par beaucoup pour ses supermarchés et ses stations-service à prix attractifs, cache une réalité bien plus sombre. Derrière les façades clinquantes des « puticlubs » se dissimule un système d’exploitation des femmes parfaitement rodé, institutionnalisé et banalisé. Aujourd’hui, je souhaite vous emmener dans les coulisses de ce que certains appellent sans gêne « la capitale européenne du sexe », pour vous révéler ce que les néons et le marketing des proxénètes tentent désespérément de masquer.
Les lieux de prostitution : entre clubs luxueux et prostitution de rue
La prostitution à La Jonquera se déploie principalement sous deux formes : les « puticlubs » et la prostitution de rue, chacune avec ses spécificités et sa clientèle.
Les « puticlubs » : des usines à exploitation
Le Paradise, ouvert après quatre années de batailles juridiques malgré l’opposition de la mairie, s’est imposé comme l’emblème de cette industrie. Avec ses 80 chambres réparties sur 2000 m², il accueille jusqu’à 200 femmes et se targue d’avoir reçu 4810 clients lors des quatre premiers jours suivant son inauguration. Son propriétaire, Jose Moreno Gomez, sur qui pèse une condamnation de trois ans de prison, a investi 3 millions d’euros dans ce complexe dont personne ne connaît l’origine des fonds. Il a également été inquiété pour soupçons de trafics et de blanchiment d’argent, et une plainte pour « traite des femmes » est en cours d’instruction.
Le Club Ladys Dallas, second plus grand établissement de la ville, ainsi qu’une dizaine d’autres « puticlubs » complètent ce paysage de l’exploitation sexuelle. Ces établissements fonctionnent comme de véritables entreprises, avec des horaires fixes (généralement de 17h à 4h du matin), des sites internet officiels et même des numéros de téléphone.
Je suis révoltée par la façon dont ces lieux sont présentés comme des espaces de divertissement ordinaires. Un administrateur d’un de ces clubs affirme sans gêne : « Chaque fille est maître de ce qu’elle veut faire, et décide du prix. Mais les clients doivent acheter un kit à usage unique de 5 euros qui comprend un drap jetable, un préservatif, du lubrifiant et une serviette. N’importe quelle fille peut venir travailler ici. Mais tous les mois nous faisons venir un médecin qui réalise sur chacune d’elles un prélèvement sanguin et un frottis; celles qui ne s’y plient pas ne peuvent plus travailler chez nous ». Cette prétendue préoccupation pour la santé masque mal la réalité d’un système d’exploitation bien rodé.
Ces établissements ne sont pas à l’abri des violences liées au crime organisé. Le Paradise a notamment été la cible de trois attentats, dont l’un a nécessité l’évacuation de milliers de personnes. Le 23 décembre 2012, cinq hommes cagoulés et armés ont tenté de faire exploser une voiture piégée devant l’établissement, suivie de jets de cocktails Molotov et d’une alerte à la bombe. Ces événements témoignent des enjeux économiques considérables liés au contrôle de la prostitution, avec des territoires partagés entre milieux serbes et albanais d’un côté et opérateurs locaux historiques de l’autre.
La prostitution de rue : l’autre visage de l’exploitation
Parallèlement aux clubs, la prostitution de rue continue de prospérer à La Jonquera, notamment sur la rocade et les ronds-points considérés comme les meilleurs « spots » pour vendre des actes sexuels à la portière. Cette forme de prostitution, plus visible et donc plus stigmatisée, concerne souvent les femmes les plus vulnérables.
Les immenses aires de stationnement qui défigurent La Jonquera sont visitées nuit et jour par des dizaines de femmes qui proposent leurs services aux camionneurs. La ville est en effet traversée quotidiennement par 8000 poids lourds, dont 1600 franchissent la frontière le dimanche soir en l’espace de huit heures, créant une « manne » pour l’industrie du sexe. Certaines maisons closes ont même aménagé des parkings spéciaux pour les camions, tandis que d’autres femmes proposent des services directement à bord des véhicules.
Je suis indignée par les témoignages recueillis auprès de camionneurs qui se vantent que « tout est négociable » et que « certaines font le ‘service complet’ pour 5 euros ». Ces tarifs dérisoires témoignent de la déshumanisation extrême des femmes réduites à l’état de marchandises à bas prix.
La maire de La Jonquera, Sonia Martinez, tente de lutter contre cette prostitution de rue en ayant pris un arrêté prévoyant des amendes de 300 à 3000 euros tant pour les femmes que pour les clients. Mais le résultat est sans appel : « Plus de 500 amendes ont été infligées à des prostituées, aucune n’a payé. Les clients, tous français, ont payé ». Cette situation illustre parfaitement l’injustice d’un système qui pénalise les victimes tout en laissant prospérer les réseaux d’exploitation.
La Jonquera : un supermarché de la prostitution aux portes de la France
À seulement 50 kilomètres de Perpignan, La Jonquera s’est tristement imposée comme une destination de « tourisme sexuel » pour de nombreux Français. Ce petit village frontalier catalan, qui aurait pu rester anonyme sur la carte, est devenu le symbole d’une Europe où le corps des femmes est marchandisé sans complexe.
La ville compte plus de 20 clubs dédiés à la prostitution, dont certains se vantent d’être parmi les plus grands d’Europe. Le plus emblématique d’entre eux, le Paradise, s’étend sur 2000 m² et dispose de 80 chambres où près de 200 femmes sont exploitées quotidiennement. Son propriétaire, Jose Moreno Gomez, n’a pas hésité à investir 3 millions d’euros dans ce « complexe » qu’il a présenté lors de son ouverture comme « le plus grand bordel d’Europe » – un slogan marketing qui a fonctionné à merveille auprès des médias.
Je m’indigne de constater que ces établissements sont présentés comme de simples « night clubs hôtels », une dénomination aseptisée qui masque la réalité crue de ces usines à exploitation. Le Paradise, le Lady Dallas et d’autres clubs similaires fonctionnent ouvertement, avec des horaires fixes (généralement de 17h à 4h du matin), des sites internet et même des numéros de téléphone officiels. Cette normalisation est le reflet d’une société qui accepte l’idée que le corps des femmes puisse être mis à disposition pour le plaisir masculin.
La situation est d’autant plus choquante que 80% des « clients » de ces établissements sont des Français qui traversent la frontière pour profiter de la législation espagnole plus permissive en matière de prostitution. Comme le souligne Sonia Martinez, maire de La Jonquera : « Les lois en Espagne sont plus permissives qu’en France et en conséquence, les clients français viennent ici ».
Les femmes exploitées : des parcours marqués par la vulnérabilité
Derrière les sourires forcés et les tenues provocantes imposées par les proxénètes se cachent des femmes aux parcours souvent dramatiques. La grande majorité d’entre elles sont étrangères, originaires principalement d’Europe de l’Est (Roumanie, Ukraine, Hongrie, Pologne, Tchéquie) ou d’Amérique latine (Colombie, Brésil). Cette composition n’est pas le fruit du hasard mais reflète les inégalités économiques mondiales et les réseaux de traite bien organisés.
Le témoignage d’Irina et Sofia, deux sœurs originaires de Macédoine, est particulièrement révélateur. Issues d’une famille d’agriculteurs, elles ont d’abord commencé à se prostituer occasionnellement sur les bords de la mer Noire pour compléter leurs maigres revenus de serveuses (60 euros par mois). Leur parcours les a ensuite menées jusqu’aux clubs espagnols où elles ont été soumises à un système d’exploitation particulièrement cruel.
Je tiens à dénoncer une pratique révélée par le sociologue Alain Tarrius : la mise aux enchères des jeunes femmes à leur arrivée dans les clubs de La Jonquera. Cette pratique odieuse permet aux responsables des établissements d’obtenir un gain immédiat d’environ 80 000 euros tout en « attachant » les femmes au club avec une production minimale à assurer. Lors de ces enchères, des investisseurs locaux (dont certains venus de France dans des véhicules immatriculés dans le département 66) « achètent » des « portions » de prostituées avec un pourcentage de rendement annuel allant de 5% pour les « lots » les moins « prometteurs » à 19% pour les plus « rentables ». Les femmes sont contraintes d’assister à ces enchères, réduites à l’état de marchandises évaluées « sous toutes les coutures ».
Le témoignage de Sardinella est glaçant : « Les principaux clients de Perpignan ont été avertis et un vendredi, entre 17 et 18 heures, une dizaine était là, rideau tiré. On m’a regardée sous toutes les coutures et le patron a proposé ‘5.000 euros à partir de cinq mises ; rapport 8%’. Les clients se tapaient sur les cuisses en riant et l’un d’eux dit : ‘rien à moins de 15% ; tu nous refiles la grande Duduche' ». Après cette humiliation, Sardinella a connu une forte mobilité entre différents clubs prostitutionnels, de La Jonquera à Carthagène.
D’autres témoignages recueillis dans les clubs révèlent la précarité économique qui pousse ces femmes à s’y retrouver. Erica, une Brésilienne de 32 ans, explique : « La passe, c’est environ 50 euros. Chaque fille doit donner au club 80 euros par jour pour avoir le droit de travailler ici; certaines dorment sur place. Moi, je paie 20 euros de taxi pour venir ici et rentrer chez moi. Au-delà de deux clients, je commence à gagner de l’argent; 300 euros ou 400 euros par nuit, ça dépend ». Deux jeunes Roumaines affirment qu' »aucun travail ne paie autant », tout en reconnaissant que « c’est moins bien depuis la crise ».
Je m’insurge contre le système économique qui maintient ces femmes dans une situation d’exploitation. Les responsables des clubs prétendent ne pas prendre d’argent sur les transactions, mais imposent aux femmes de payer une somme quotidienne pour « avoir le droit » de travailler, en plus de vendre aux clients des « kits » à usage unique comprenant draps jetables, préservatifs et autres accessoires. Ce système permet aux proxénètes de s’enrichir considérablement tout en maintenant les femmes dans une situation de dépendance économique.
Les clients : au cœur du système prostitutionnel
Je tiens à mettre en lumière le rôle central des « clients » dans le maintien de ce système d’exploitation. Contrairement aux idées reçues, les hommes qui recourent à la prostitution ne correspondent pas à un profil unique de personnes marginalisées ou isolées.
Une étude menée par le Mouvement du Nid a identifié cinq grands profils de « clients » :
- les « isolés affectifs et sexuels »
- les « décalés de l’égalité » (souvent en couple mais ayant besoin de dominer des femmes)
- les « acheteurs de marchandise » (qui séparent amour et sexe)
- les « allergiques à l’engagement et à la responsabilité »
- les « compulsifs de la relation sexuelle »
Cette diversité de profils montre bien que le recours à la prostitution n’est pas une fatalité mais bien un choix inscrit dans une culture machiste.
Je suis particulièrement préoccupée par la présence importante de jeunes hommes parmi les « clients ». Selon Ségolène Neuville, ancienne députée PS à l’origine d’une proposition de loi sur le sujet, « la prostitution fait partie de la vie sexuelle de nombreux jeunes. Ils n’ont pas l’impression d’aller voir des prostituées mais des ‘filles magnifiques’, objets de consommation valorisants ». La maire de La Jonquera, Sonia Martinez, déplore également que de jeunes garçons, notamment du sud de la France, viennent « célébrer » leurs 18 ans dans l’un des clubs.
Cette banalisation du recours à la prostitution chez les jeunes est directement liée à l’influence de la pornographie et à la marchandisation des corps. Selon des sociologues, cette forme de recours à la prostitution « exacerbe la construction d’une sexualité inscrite dans des rapports de domination masculine » dans un contexte « d’hypermodernité » caractérisé par la « primauté de la valeur marchande, de l’individu, culte de la performance ».
À La Jonquera, les témoignages recueillis auprès des « clients » illustrent parfaitement cette banalisation. Gilles, 31 ans, venu de Montpellier avec un ami, explique qu’ils sont venus au Paradise pour « se lâcher sans trop dépenser » : 15 euros l’entrée, 60 euros la passe, plus 40 euros de frais de route. « Ici, l’accueil est excellent. Les chambres sont toutes neuves. C’est moins ringard que les autres clubs », ajoute-t-il. Ce discours consumériste, qui compare les établissements comme on comparerait des hôtels ou des restaurants, témoigne de l’absence totale de conscience des réalités vécues par les femmes exploitées.
L’impact sur la ville et ses habitants
La prolifération des « puticlubs » a profondément transformé le visage de La Jonquera et la vie de ses habitants. Maria, 54 ans, salariée d’un hôtel, témoigne avec nostalgie : « Il y avait autrefois un restaurant familial, avec une petite chapelle, où l’on organisait des banquets. C’est là que mon cousin s’est marié. En 2004, il a été transformé en bordel… Tout a changé, le village a perdu son âme ».
Je constate avec amertume que l’industrie du sexe a créé une économie parallèle dont dépendent désormais de nombreux habitants :
- une dizaine de salons de coiffure
- des bars
- des restaurants
- des chauffeurs de taxi
- des pharmaciens
- des acteurs de la presse locale
Cette dépendance économique rend d’autant plus difficile la lutte contre ce système d’exploitation.
Les autorités locales se trouvent dans une position ambivalente. D’un côté, elles déplorent l’image négative associée à leur ville, devenue synonyme de « supermarché de la prostitution ». De l’autre, elles reconnaissent leur impuissance face à une législation espagnole permissive. Comme l’explique Jose Luis Yecora, adjoint au maire de Figueres : « La Catalogne est la région d’Espagne la plus touchée par la prostitution. Le fait est que ces établissements, autorisés en Catalogne, possèdent toutes les permissions nécessaires ».
Pour les habitants, il existe une distinction claire entre la prostitution de rue, perçue comme « forcée et sale », et celle des bordels, qui serait « libre » et bénéficierait de « garanties d’hygiène ». Cette perception erronée contribue à légitimer l’existence des « puticlubs » tout en stigmatisant davantage les femmes les plus vulnérables qui travaillent dans la rue.
La prostitution à La Jonquera : un miroir des inégalités mondiales
Je vois dans la situation de La Jonquera le reflet d’un système mondial d’exploitation qui se nourrit des inégalités économiques et de genre. La présence massive de femmes étrangères, principalement originaires d’Europe de l’Est et d’Amérique latine, témoigne des disparités économiques qui poussent les plus vulnérables vers des pays plus riches, où elles deviennent la proie des réseaux de traite.
Comme le soulignent Sophie Avarguez et Aude Harley, chercheuses du département de sociologie de l’Université de Perpignan, « l’asymétrie législative entre la France et l’Espagne agit comme un moteur d’attractivité ». Cette situation crée une zone de non-droit où les femmes sont exploitées en toute impunité, tandis que les proxénètes et les « clients » profitent des failles juridiques.
Je suis convaincue que les « puticlubs » de La Jonquera ne sont pas simplement des lieux de prostitution, mais de véritables « parcs d’attractions machistes » qui réactualisent les valeurs les plus traditionnelles du machisme sous l’emballage attrayant du loisir, de la pornographie et de la consommation. Comme l’explique une étude catalane, « à la frontière, tous les coups sont permis » (A la frontera tot s’hi val), une expression qui illustre parfaitement la zone de non-droit que constitue cette région frontalière.
La violence institutionnalisée contre les femmes
Je dénonce avec force la violence institutionnalisée que représente l’industrie du sexe à La Jonquera. Comme le souligne une militante : « La violence contre les femmes s’institutionnalise au moment même où l’on prétend la combattre ». En effet, alors que les discours officiels condamnent les violences faites aux femmes, la prostitution – forme extrême de ces violences – est tolérée voire encouragée par certaines législations.
L’ouverture du Paradise a été présentée par son propriétaire comme une contribution à la lutte contre la précarité, une « alternative au chômage des femmes non qualifiées ». Ce discours cynique masque mal la réalité d’un système qui exploite la vulnérabilité économique des femmes pour les réduire à l’état de marchandises sexuelles.
Je m’indigne de constater que Jose Moreno Gomez est présenté dans les médias comme « un entrepreneur lambda, juste un peu plus culotté que les autres », alors qu’il est à la tête d’un système d’exploitation des femmes et qu’il fait l’objet de poursuites judiciaires. Cette banalisation du proxénétisme témoigne de l’acceptation sociale de l’exploitation sexuelle des femmes.
La fonction de la prostitution, magistralement illustrée à La Jonquera, est profondément inscrite dans la culture machiste et remet en cause l’égalité entre les femmes et les hommes. En permettant aux hommes d’acheter l’accès au corps des femmes, elle perpétue l’idée que les femmes sont des objets disponibles pour le plaisir masculin plutôt que des sujets à part entière.
Pour une prise de conscience collective
Face à cette réalité, je refuse la résignation et l’indifférence. La situation de La Jonquera n’est pas une fatalité mais le résultat de choix politiques, économiques et sociaux qui peuvent être remis en question.
Je plaide pour une approche abolitionniste qui reconnaît la prostitution comme une forme de violence et d’exploitation, et qui vise à protéger les personnes prostituées tout en responsabilisant les « clients » et en poursuivant les proxénètes. L’exemple suédois, qui a criminalisé l’achat d’actes sexuels dès 1999, a montré qu’il était possible de réduire significativement la prostitution et la traite des êtres humains.
Je suis convaincue que la lutte contre le système prostitutionnel passe par une transformation profonde des mentalités et des représentations. Il est essentiel de déconstruire les mythes qui entourent la prostitution, notamment l’idée qu’elle serait un « choix libre » ou un « métier comme un autre ». Les témoignages recueillis à La Jonquera montrent bien que la grande majorité des femmes y sont contraintes par la précarité économique, les violences subies ou les réseaux de traite.
Je vous invite à réfléchir à votre propre positionnement face à cette réalité. Que pouvons-nous faire, individuellement et collectivement, pour mettre fin à ce système d’exploitation ? Comment pouvons-nous construire une société où la sexualité serait fondée sur le consentement mutuel, le respect et l’égalité plutôt que sur la domination et la marchandisation des corps ?
La situation de La Jonquera nous concerne toutes et tous, car elle révèle les failles de nos sociétés et les défis que nous devons relever pour construire un monde plus juste et plus égalitaire.


Vous faites l’éloge de la Suède, mais d’une part les Suédois vont baiser ailleurs (comme les frontaliers du sud-ouest) et d’autre part la prostitution n’a pas du tout disparu en Suède. Il y a même eu un chef de la police d’Uppsala qui s’est fait coffrer pour proxénétisme.
Marthe Richard a connu le même genre de désillusions mais cela n’a pas servi de leçon.
D’ailleurs il semble que les » investisseurs » toulousains ne sont pas plus inquiétés que les fournisseurs de drogues des parlementaires et des ministres, à Paris comme à Bruxelles. Le rapport à l’argent des soi-disant élites me semble être au coeur du problème.
Quand à l’usage de drogues – là aussi un très vieux problème – cela a toujours été un mystère pour moi. Il suffit en effet de s’être tapé une gueule bois sévère suite à une cuite juvénile (l’entourage y poussait beaucoup du temps de ma jeunesse) pour ne pas avoir envie de remettre ça… surtout quand on est fauché.
Autre chose : vous semblez croire que la pornographie joue un rôle déterminant de nos jours.
Étant né en 1945 je peux vous dire que les gars du sud-ouest avaient la réputation d’aller en groupe se faire dépuceler au bordel à l’issue du conseil de révision (première occasion de se retrouver à poil et de se faire tâter les couilles en public pour de nombreux jeunes – qui s’en seraient fort bien passé).
En fait je pense que la pornographie n’y est pour rien car la pornographie sert surtout à se branler quand on n’ose pas draguer ou qu’on est en manque (surtout d’imagination et de souvenirs) pour une raison ou pour une autre.
D’ailleurs j’ai eu un logeur pakistanais à Glasgow (1969) qui utilisait un catalogue de VPC – les pages de dessous féminins – pour se soulager (je l’ai déduis le jour où il a protesté lorsque j’allais allumer la cheminée avec les pages usées du dit catalogue).
Quant à la prostitution il ne semble pas impossible que nombre de clients soient des hommes mariés plus ou moins de force et/ou plus ou moins mal mariés, car en tant qu’homme d’âge mûr je me suis fait draguer, à ma grande surprise, par des pères de familles. Cela n’arrivait bien sûr pas tous les jours mais cela prouve que tous les goûts sont dans la nature.
Nous sommes tous plus ou moins esclaves de nos hormones et ce n’est pas pour rien qu’on castre les chats de compagnie.