Blog prostitution

Prostitution à Paris : cartographie et état des lieux des prostituées

En tant que militante engagée depuis 20 ans dans la lutte contre la prostitution et l’aide aux personnes prostituées, je souhaite dresser un état des lieux approfondi de la situation à Paris. Il est crucial de comprendre l’ampleur de ce phénomène, ses dynamiques et ses impacts néfastes, afin de mieux le combattre. Cet article se base sur mon expérience de terrain ainsi que sur de nombreuses sources (statistiques officielles, rapports associatifs, études, témoignages…) pour brosser un tableau réaliste et documenté de la prostitution parisienne actuelle.

Le meilleur endroit pour du sexe gratuit et légal

Risque légal, risque sanitaire... : avoir recours aux prostituées n’est pas sans danger. Pour des relations sexuelles sans complications, rejoignez le site n°1 de plan cul C-dating, le site où des femmes cherchent des aventures coquines discrètes sans contrepartie. Ce site est uniquement réservé au plus de 18 ans !
Tester C-dating ICI

1. Cartographie de la prostitution parisienne

Aujourd’hui, on estime entre 7000 et 10000 le nombre de personnes qui se prostituent à Paris, à plus de 90% des femmes. Si les traditionnels quartiers « chauds » comme Pigalle, Strasbourg-Saint-Denis ou les bois de Boulogne et Vincennes concentrent toujours une partie de l’activité, la prostitution s’est étendue à de nombreux autres lieux : salons de massage, bars à hôtesses, appartements, hôtels…

Elle touche aussi désormais beaucoup internet, avec une explosion des annonces en ligne. Les profils sont variés mais on retrouve une constante : une grande précarité économique et sociale, souvent doublée d’une situation irrégulière pour les très nombreuses étrangères (Europe de l’Est, Chine, Nigeria, Amérique du Sud…). La plupart sont sous la coupe de réseaux mafieux qui les exploitent sans vergogne.

La prostitution de rue reste la plus visible, avec ses codes et ses acteurs bien identifiés : les « filles » postées à certains coins de rues, les « macs » qui rôdent, les camionnettes qui servent d’abri de fortune… Mais elle ne représente que la partie émergée de l’iceberg. La prostitution « indoor » (en lieux clos) est bien plus importante et protéiforme.

On la retrouve dans des centaines de salons de massage qui ont pignon sur rue, des bars à hôtesses plus ou moins clandestins, des appartements privés loués pour l’occasion… Sans parler de la prostitution qui se pratique dans certains hôtels, avec la complicité du personnel. Enfin, le développement d’internet a fait exploser la prostitution « haut de gamme » avec ses « escort-girls de Paris » aux profils variés.

Géographiquement, si les « hot spots » historiques persistent, on assiste à une diffusion de la prostitution dans de nombreux quartiers, y compris résidentiels et bourgeois. Aucun arrondissement n’est épargné, même si l’activité est plus intense dans le nord et l’est parisien. Les bois restent des lieux importants, notamment pour les personnes transgenres. Mais d’autres secteurs ont émergé comme la Porte Dauphine ou les abords des gares.

Cette prostitution protéiforme et diffuse rend l’action des pouvoirs publics et des associations plus complexe. Il faut sans cesse s’adapter pour aller au contact des personnes prostituées là où elles se trouvent, comprendre leurs parcours et leurs besoins spécifiques. Un travail de fourmi, de jour comme de nuit, pour leur apporter une aide concrète et un peu d’humanité.

2. Historique et évolution de la prostitution à Paris

La prostitution existe à Paris depuis des siècles. Déjà au Moyen-Âge, les « ribaudes » officiaient dans certains quartiers. Au fil des époques, le phénomène a pris de l’ampleur avec l’apparition de maisons closes très en vue comme le Chabanais au début du 20e siècle. Malgré la loi Marthe Richard de 1946 interdisant les bordels, la prostitution n’a jamais disparu.

La loi de 2016 pénalisant les clients est un tournant important. Mais si elle a fait baisser le nombre de personnes prostituées dans la rue, elle n’a pas tari la demande et a rendu les conditions d’exercice encore plus précaires et dangereuses pour celles qui n’ont pas d’autre choix que de continuer. Paris reste malheureusement l’une des capitales européennes de la prostitution.

Le cadre légal a beaucoup évolué, oscillant entre prohibition et réglementation. Aujourd’hui, si la prostitution en tant que telle n’est pas illégale, le proxénétisme et l’achat d’actes sexuels le sont. Mais dans les faits, la loi peine à être appliquée et le « plus vieux métier du monde » perdure sous des formes diverses, des trottoirs aux salons de massage en passant par les annonces en ligne.

3. Une économie souterraine florissante

Le « chiffre d’affaires » de la prostitution à Paris se compterait en centaines de millions d’euros par an. Mais cet argent profite surtout aux proxénètes et autres trafiquants. Les personnes prostituées n’en voient qu’une infime partie et vivent dans des conditions indignes : logements insalubres, privation de liberté, violences, problèmes de santé non soignés… Malgré quelques timides avancées, elles restent très mal protégées socialement et peinent à faire valoir leurs droits.

Cette économie parallèle, par définition non déclarée, échappe largement au fisc. Elle alimente les réseaux criminels et d’autres trafics (drogue, armes…). L’argent de la prostitution est recyclé dans l’économie légale via des sociétés écrans : bars, hôtels, salons de coiffure… Toute une économie grise qui prospère sur l’exploitation des corps.

Les clients, eux, dépensent des sommes considérables pour assouvir leurs fantasmes. Toutes les catégories sociales sont représentées, des plus modestes aux plus aisées. Certains sont des « habitués », d’autres des « occasionnels » qui profitent d’un séjour à Paris. Leur point commun : considérer la sexualité comme un bien de consommation et les personnes prostituées comme de simples objets.

Cette marchandisation des corps génère des profits colossaux pour les proxénètes et impacte lourdement les finances publiques. Car ce sont bien les contribuables qui assument in fine le coût social et sanitaire de la prostitution. Un coût humain et financier exorbitant qui est rarement mis en avant dans le débat public.

4. Un fléau qui gangrène la société

Au-delà des personnes directement concernées, c’est toute la société qui est impactée par la banalisation de la prostitution. Celle-ci véhicule une image dégradante et marchandisée de la sexualité et du corps des femmes. Dans certains quartiers, les riverains se plaignent des nuisances (préservatifs usagés, bagarres, trafics…).

La prostitution a aussi des conséquences sanitaires, les maladies sexuellement transmissibles étant fréquentes, de même que les troubles psychologiques liés aux traumatismes subis. Enfin, elle est imbriquée à de nombreuses formes de criminalité : proxénétisme, traite d’êtres humains, trafic de drogues…

Contrairement aux idées reçues, la prostitution n’est que rarement un « choix ». Dans leur immense majorité, les personnes prostituées sont victimes d’un engrenage fait de précarité, de violences et d’addictions. Nombreuses sont celles qui ont subi des abus sexuels dans l’enfance. Toutes sont marquées dans leur chair et leur psychisme.

La prostitution est aussi un puissant vecteur d’inégalités entre les femmes et les hommes. Elle conforte l’idée d’une disponibilité sexuelle des femmes et d’un droit des hommes à assouvir leurs « besoins ». Dans une société qui prône l’égalité, ce deux poids deux mesures est intolérable. Il est temps de changer notre regard sur la prostitution pour y voir ce qu’elle est vraiment : une violence faite très majoritairement aux femmes.

Cette prise de conscience est un préalable indispensable pour endiguer ce fléau. Car malgré quelques avancées, la prostitution reste trop souvent perçue comme une fatalité, voire un « mal nécessaire ». Cette résignation collective est le terreau sur lequel prospèrent les réseaux criminels. Tant que la société fermera les yeux, leur business continuera de tourner à plein régime.

5. Une mobilisation à renforcer

Face à ce constat alarmant, les pouvoirs publics commencent à réagir mais les moyens déployés restent insuffisants. La loi de 2016, bien qu’imparfaite, doit être mieux appliquée, avec un accent mis sur la prévention, les contrôles et l’accompagnement des personnes qui veulent sortir de la prostitution.

Les associations  font un travail considérable sur le terrain pour leur venir en aide concrètement et faire évoluer les mentalités. Mais nous avons besoin de plus de soutiens humains et financiers. La lutte contre la prostitution doit devenir une grande cause nationale, avec une prise de conscience collective des ravages qu’elle provoque. C’est un combat difficile mais nécessaire pour construire une société plus juste et respectueuse de la dignité de chacun.

Nous agissons au quotidien pour informer le grand public, sensibiliser les jeunes, interpeller les élus. Nous allons à la rencontre des personnes prostituées pour leur proposer une écoute, un accompagnement, des solutions alternatives. Nous formons les professionnels qui peuvent être en contact avec elles (travailleurs sociaux, soignants, policiers…). Un travail de fourmi, souvent dans l’ombre, pour faire reculer la prostitution.

Mais pour gagner ce combat, nous avons besoin d’une mobilisation générale. Chacun à son niveau peut agir : en refusant la banalisation de la prostitution, en dénonçant le système prostitueur, en soutenant les associations… C’est un enjeu de civilisation qui nous concerne tous. Car tant qu’il y aura des clients, il y aura de la prostitution et son cortège de souffrances.

Alors engageons-nous ! Refusons cette marchandisation des corps qui détruit des vies. Exigeons une vraie politique abolitionniste avec des moyens à la hauteur. Faisons émerger une société où nul n’aura à vendre son intimité pour survivre. Une société fondée sur l’égalité, le respect, la dignité. C’est le sens de notre combat, ici à Paris et partout ailleurs. Un combat juste et nécessaire.

C’est jamais la fin

Ce tour d’horizon approfondi montre que malgré quelques avancées récentes, la prostitution reste un fléau majeur à Paris. Des milliers de femmes, souvent étrangères et précaires, en sont les victimes, exploitées par des réseaux criminels sans scrupules qui en tirent des profits considérables. Au-delà des drames individuels, c’est notre vivre-ensemble qui est abîmé par la banalisation de la marchandisation des corps.

Face à ce constat, la mobilisation de tous est indispensable. L’État et les collectivités doivent renforcer les moyens de la lutte contre les réseaux et de la protection des personnes prostituées de Paris et d’ailleurs. Les associations ont besoin de plus de soutiens pour leur travail de terrain essentiel. Et chacun à notre niveau, nous devons faire évoluer les mentalités en refusant cette violence faite aux femmes.

Ensemble, en unissant nos forces, nous pouvons faire reculer la prostitution et construire une société fondée sur l’égalité et le respect de la dignité humaine. La route est encore longue mais nous ne lâcherons rien ! Continuons le combat, sans relâche, pour qu’un jour ce fléau ne soit plus qu’un mauvais souvenir. Un monde sans prostitution est possible, il est même nécessaire. À nous de le faire advenir, à Paris et partout ailleurs. Par notre engagement, notre détermination, notre solidarité.

Oui, l’abolition de la prostitution est un horizon désirable et atteignable. Un horizon vers lequel nous devons tendre de toutes nos forces. Pour toutes celles et ceux qui en sont victimes, pour les générations futures, pour notre humanité. C’est un défi immense mais à la mesure de ce que nous sommes et de ce que nous voulons être. Une société digne de ce nom.

Alors retroussons nos manches et avançons ensemble sur ce chemin. Avec lucidité sur l’ampleur de la tâche, mais avec l’énergie de notre conviction. Celle qu’un autre monde est possible. Un monde libéré de l’exploitation des plus vulnérables. Un monde où chacun pourra vivre debout et dignement. C’est le sens de notre engagement. Continuons le combat !

Sources
[1] https://fr.wikipedia.org/wiki/Prostitution_en_France
[2] https://fr.wikipedia.org/wiki/Prostitution_%C3%A0_Paris
[3] https://www.senat.fr/lc/lc233/lc233_mono.html
[4] https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/la-fabrique-de-l-histoire/prostitutions-au-xixe-siecle-2-4-paris-capitale-de-la-prostitution-au-xixeme-3789511
[5] https://www.fondationscelles.org/pdf/FACTS/RAPPORT-FACTS-V2-23MARS2021.pdf
[6] https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_la_prostitution_en_France
[7] https://www.anthropos-consultants.fr/IMG/pdf/Rapport_final_Prostitution_2006-anthropos.pdf
[8] https://www.unjourdeplusaparis.com/paris-reportage/belle-epoque-bordel-paris
[9] https://legadroit.com/la-prostitution-en-france/
[10] http://www.institut-ethique-contemporaine.org/article_ethique_prostitution.html
[11] https://www.leparisien.fr/faits-divers/la-nouvelle-carte-de-la-prostitution-a-paris-10-02-2002-2002806421.php
[12] https://www.prefectures-regions.gouv.fr/ile-de-france/content/download/50571/334568/file/Guide%20prostitution.pdf
[13] https://www.contrepoints.org/2010/12/10/8795-l%E2%80%99economie-de-la-prostitution-2
[14] https://www.lefigaro.fr/conjoncture/2015/05/28/20002-20150528ARTFIG00126-la-prostitution-couterait-16-milliards-d-euros-par-an-a-la-france.php
[15] http://fondationscelles.org/pdf/FACTS/08-La-dimension-economique-pages104-109-RapportFACTS.pdf
[16] https://www.actupparis.org/discriminations/travail-du-sexe/
[17] https://www.prefectures-regions.gouv.fr/ile-de-france/Region-et-institutions/L-action-de-l-Etat/Lutte-contre-la-prostitution-et-le-proxenetisme-a-Paris-les-parcours-de-sortie-de-la-prostitution
[18] https://www.sciencespo.fr/public/sites/sciencespo.fr.public/files/ALIX.pdf
[19] https://www.leparisien.fr/faits-divers/la-nouvelle-carte-de-la-prostitution-30-05-1998-2000092993.php
[20] https://www.pariszigzag.fr/insolite/histoire-insolite-paris/histoire-prostitution-bordel-paris

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *