Prostituée à Besançon : lieux, contexte et réalité complexe
Besançon, ville étudiante et paisible en apparence, n’échappe pas au phénomène de la prostitution. Derrière ses façades historiques et ses rues tranquilles se cache une réalité que beaucoup préfèrent ignorer. Je me suis donné pour mission de lever le voile sur cette face cachée de la ville, non pour stigmatiser les personnes prostituées, mais pour comprendre les mécanismes qui conduisent à cette situation et sensibiliser sur les conséquences humaines dévastatrices de ce système.
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Les lieux de prostitution à Besançon
La géographie de la prostitution à Besançon a considérablement évolué ces dernières années, suivant les mutations du phénomène à l’échelle nationale et internationale.
La rue : une visibilité en déclin
Traditionnellement, certaines rues de Besançon étaient connues pour la présence de personnes prostituées. Aujourd’hui, cette forme de prostitution visible a fortement diminué, passant d’une cinquantaine de personnes à seulement six selon les observations du Mouvement du Nid.
Je constate que cette diminution ne signifie pas une réduction du phénomène mais plutôt sa transformation et son déplacement vers d’autres espaces. La loi de 2016 pénalisant les clients a certainement contribué à cette évolution, poussant la prostitution vers des formes plus discrètes et donc plus difficiles à repérer et à combattre.
Les salons de massage : une façade trompeuse
À Besançon comme ailleurs en France, certains établissements se présentant comme des salons de massage peuvent servir de couverture à des activités prostitutionnelles. Ces lieux proposent, en fin de séance, des « finitions manuelles » moyennant un supplément.
Je m’insurge contre cette hypocrisie qui permet de contourner la législation tout en maintenant l’exploitation sexuelle des personnes. Ces pratiques, présentées comme des services annexes, constituent bien une forme de prostitution déguisée.
Internet : le nouveau territoire de la prostitution
Les sites d’annonces, les applications de rencontres détournées de leur usage initial et les réseaux sociaux sont devenus les principaux vecteurs de la prostitution à Besançon. Cette dématérialisation rend le phénomène plus difficile à quantifier et à combattre.
Je suis particulièrement préoccupée par l’émergence de plateformes spécialisées dans la vente de contenus intimes, qui touchent notamment les étudiantes en situation de précarité. Ces sites fonctionnent comme de véritables places de marché où les corps sont réduits à des marchandises.
Les appartements et hôtels : la prostitution invisible
De plus en plus, la prostitution se déroule dans des lieux privés : appartements loués à cet effet ou chambres d’hôtel. Cette forme de prostitution indoor est particulièrement difficile à détecter et à quantifier.
Je m’inquiète de cette invisibilisation qui isole davantage les personnes prostituées et les expose à des risques accrus de violences. Loin des regards, comment peuvent-elles être protégées ? Comment les associations peuvent-elles leur venir en aide ?
L’évolution de la prostitution à l’ère numérique
Le XXIe siècle a profondément transformé le visage de la prostitution, y compris à Besançon. Internet est devenu le nouveau terrain de chasse des proxénètes et des clients. La crise sanitaire a accéléré cette mutation, faisant émerger de nouvelles plateformes en ligne qui ont bouleversé les codes traditionnels du système prostitutionnel.
Des rues aux écrans : la métamorphose invisible
« Là où il y avait une cinquantaine de prostituées dans les rues de Besançon, on en croise six », expliquait Sarah El Hamdani en 2023. Cette diminution apparente ne signifie pas une réduction du phénomène, mais plutôt son déplacement vers des espaces moins visibles. Les appartements privés, les hôtels discrets et surtout les plateformes numériques sont devenus les nouveaux lieux de cette exploitation.
Je constate que cette évolution rend le phénomène plus difficile à quantifier et à combattre. Comment lutter contre ce qui ne se voit plus ? Comment protéger des personnes qui disparaissent des radars des associations et des services sociaux ?
La marchandisation des corps en ligne
Les plateformes numériques ont créé un nouveau modèle économique autour de la prostitution. Certains sites fonctionnent comme de simples boutiques en ligne, mais la marchandise proposée est constituée de photos intimes. Les clients paient pour accéder à ces contenus, créant ainsi une forme de prostitution virtuelle qui touche particulièrement les jeunes.
« Il y a beaucoup d’étudiantes qui font ça car elles sont en situation de précarité », s’inquiétait la directrice du Mouvement du Nid à Besançon. Cette réalité m’interpelle profondément. Comment notre société peut-elle accepter que des jeunes femmes, souvent en difficulté financière, en viennent à monnayer leur intimité pour survivre ?
Le profil des personnes prostituées à Besançon
Derrière les chiffres et les statistiques se cachent des êtres humains aux parcours souvent chaotiques. À Besançon, comme ailleurs, la prostitution touche principalement les personnes les plus vulnérables.
Une réalité chiffrée qui interpelle
Selon le Mouvement du Nid, on estimait entre 30 et 40 le nombre de personnes prostituées dans la rue à Besançon en 2013, sachant que cela ne représentait qu’une petite partie de la prostitution totale. Ce chiffre a probablement diminué depuis, avec le développement des plateformes en ligne, mais le phénomène persiste sous d’autres formes.
Je suis frappée par la proportion importante de personnes d’origine étrangère dans la prostitution de rue à Besançon : environ 85 % en 2013, ce qui correspond à la moyenne nationale. Ces personnes viennent principalement de Bulgarie, Roumanie, Nigeria et Cameroun, avec quelques Françaises. La plupart sont victimes de réseaux de traite des êtres humains.
Des parcours marqués par les violences
Ce qui me bouleverse le plus, c’est de constater que les personnes prostituées partagent souvent des vécus similaires, marqués par des traumatismes et des violences. Le Mouvement du Nid l’affirme clairement : « On n’arrive pas dans la prostitution par hasard malheureusement ».
Les facteurs qui conduisent à la prostitution sont multiples et s’entremêlent :
- Fragilité psychologique et carences affectives,
- Violences sexuelles ou physiques subies dans l’enfance,
- Relations incestueuses,
- Disqualification sociale de la famille,
- Précarité économique,
- Rejet lié à l’orientation sexuelle pour les jeunes homosexuels,
- Exclusion sociale des personnes transgenres,
- Dépendance aux drogues, médicaments ou alcool.
« C’est la violence subie dans l’enfance qui prépare et conditionne les futures victimes à accepter la violence future de la prostitution », explique le Mouvement du Nid. Cette réalité me fait prendre conscience que la prostitution n’est pas un choix libre mais souvent l’aboutissement d’un long processus de destruction de l’estime de soi.
La prostitution masculine : une réalité invisible
Si la prostitution concerne majoritairement des femmes (85 à 90 % au niveau national), les hommes ne sont pas épargnés. À Besançon, la prostitution masculine existe mais reste plus discrète, se déroulant dans des lieux moins visibles comme des lieux de rencontre spécifiques, des hôtels ou des appartements privés.
Je tiens à souligner ce point important : quelle que soit l’identité de genre des personnes prostituées, 99 % des clients sont des hommes. Cette statistique révèle la dimension genrée de la prostitution et son ancrage dans des rapports de domination.
Le prix de la chair : tarifs et réalités économiques
La prostitution est avant tout un système économique qui génère des profits considérables, principalement pour les proxénètes et les plateformes qui en tirent bénéfice.
Des tarifs standardisés
À Besançon, les tarifs pratiqués sont similaires à ceux observés dans d’autres villes françaises de taille comparable. Il faut compter environ 50 à 60 euros pour 30 minutes et le double pour une heure. Des suppléments sont demandés pour certaines pratiques spécifiques, pouvant atteindre 80 à 100 euros supplémentaires.
Je suis révoltée de constater que ces tarifs, présentés comme le prix d’une « prestation », masquent en réalité le coût humain exorbitant payé par les personnes prostituées : traumatismes physiques et psychologiques, exposition aux violences, aux maladies, à l’exclusion sociale.
L’impact des plateformes en ligne
Les personnes prostituées qui s’affichent sur les sites d’annonces en ligne pratiquent généralement des tarifs plus élevés, en partie pour compenser les commissions prélevées par ces plateformes. Ces sites agissent donc comme de véritables proxénètes virtuels, tirant profit de l’exploitation sexuelle d’autrui.
Je dénonce fermement ce système qui, sous couvert de modernité et de technologie, perpétue et amplifie l’exploitation des personnes vulnérables. Ces plateformes ne devraient pas exister car elles constituent une forme de proxénétisme, interdit par la loi française.
Les acteurs de la lutte contre le système prostitutionnel
Face à cette réalité complexe, plusieurs organisations et institutions se mobilisent à Besançon pour venir en aide aux personnes prostituées et lutter contre le système qui les exploite.
Le Mouvement du Nid : en première ligne
Le Mouvement du Nid, association abolitionniste, joue un rôle crucial à Besançon dans l’accompagnement des personnes prostituées et la sensibilisation du public. Basée au 2 rue de la Bibliothèque, la délégation du Doubs accueille sur rendez-vous les personnes en situation de prostitution et les professionnels concernés par cette problématique.
Je salue l’engagement de cette association qui mène plusieurs actions essentielles :
- Rencontres sur les lieux de prostitution,
- Accompagnement administratif, sanitaire et social,
- Animation d’ateliers dédiés à l’insertion,
- Prévention dans les établissements scolaires,
- Sensibilisation du grand public,
- Formation des différents acteurs pouvant être en lien avec ce public.
Le cadre juridique : entre protection et répression
La législation française a évolué ces dernières années concernant la prostitution. La loi de 2016 pénalisant les clients a marqué un tournant important, déplaçant la responsabilité pénale des personnes prostituées vers les acheteurs d’actes sexuels.
Je soutiens pleinement cette approche qui reconnaît les personnes prostituées comme des victimes plutôt que comme des délinquantes. Comme l’explique le Mouvement du Nid : « Cette loi leur donnerait un statut, celui de victime, car jusqu’à maintenant, les personnes étaient considérées comme des délinquantes (délit de racolage depuis la LSI de 2003) ».
La loi prévoit également un fonds pour améliorer la prise en charge des victimes, un renforcement des moyens de lutte contre le proxénétisme et des actions de prévention pour les jeunes. Les clients encourent une amende de 1 500 euros, portée à 3 000 euros en cas de récidive, ainsi que l’obligation de suivre un stage de sensibilisation.
Les défis de la lutte contre la prostitution à l’ère numérique
L’évolution de la prostitution vers des formes dématérialisées pose de nouveaux défis aux associations et aux pouvoirs publics.
La difficulté d’atteindre les personnes prostituées
Avec la diminution de la prostitution de rue et son déplacement vers internet et les espaces privés, il devient plus difficile pour les associations comme le Mouvement du Nid d’entrer en contact avec les personnes prostituées.
Je m’inquiète de cette situation qui isole davantage les victimes et les prive de l’accès aux dispositifs d’aide et d’accompagnement. Comment atteindre celles et ceux qui sont invisibles ? Comment leur faire connaître leurs droits et les possibilités de sortie de la prostitution ?
La prévention : un enjeu majeur
Face à ces défis, la prévention apparaît comme un levier essentiel. « Faire de la prévention en milieu scolaire, ce n’est pas anodin de marchandiser son corps. Puis continuer, les rencontres de rue, les événements… », préconise Sarah El Hamdani.
Je suis convaincue que l’éducation des jeunes à l’égalité femmes-hommes, au respect du corps et à la sexualité constitue un rempart essentiel contre l’entrée dans la prostitution et contre le recours à l’achat d’actes sexuels.
La nécessité d’une approche globale
La lutte contre le système prostitutionnel ne peut se limiter à des actions répressives ou préventives isolées. Elle nécessite une approche globale qui combine :
- La répression du proxénétisme et de la traite des êtres humains,
- La pénalisation des clients,
- L’accompagnement social, sanitaire et psychologique des personnes prostituées,
- La prévention auprès des jeunes,
- La sensibilisation du grand public,
- La formation des professionnels.
Je plaide pour une mobilisation de tous les acteurs concernés : associations, services sociaux, forces de l’ordre, justice, éducation nationale, collectivités territoriales. Seule cette approche coordonnée permettra de faire reculer durablement le système prostitutionnel à Besançon.
La prostitution étudiante : une réalité préoccupante
La précarité étudiante est une réalité qui touche de nombreux jeunes à Besançon, ville universitaire importante. Cette situation financière difficile peut conduire certains étudiants et étudiantes à se tourner vers la prostitution, notamment via les plateformes en ligne.
Des étudiantes en situation de vulnérabilité
« Il y a beaucoup d’étudiantes qui font ça car elles sont en situation de précarité », s’inquiétait Sarah El Hamdani en 2023. Cette réalité m’alarme profondément. Comment notre société peut-elle accepter que des jeunes en formation, l’avenir de notre pays, en soient réduits à monnayer leur corps pour financer leurs études ou simplement survivre ?
Je constate que les plateformes de vente de contenus intimes ciblent particulièrement ce public vulnérable, en présentant cette activité comme un « complément de revenus » facile et sans conséquence. Cette vision édulcorée masque les impacts psychologiques et sociaux dévastateurs de ces pratiques.
Les réseaux sociaux : vecteurs de banalisation
Les réseaux sociaux jouent un rôle important dans la banalisation de ces pratiques auprès des jeunes. Ces plateformes permettent une appréhension rapide des codes et des pratiques liées à la prostitution en ligne.
Je m’inquiète de cette normalisation progressive qui fait apparaître la marchandisation du corps comme une option parmi d’autres pour gagner de l’argent. Cette vision consumériste de la sexualité et du corps humain constitue une régression majeure dans notre conception des rapports humains et de la dignité.
Les conséquences humaines de la prostitution
Au-delà des aspects économiques et juridiques, la prostitution a des conséquences profondes sur les personnes qui la vivent.
Traumatismes et destruction de l’estime de soi
Les personnes prostituées ont souvent subi des violences avant même d’entrer dans la prostitution, qui vient ensuite amplifier ces traumatismes. « L’importance des violences subies en amont : formatage psychologique de la soumission et l’autodestruction », explique le Mouvement du Nid.
Je suis bouleversée par ce cercle vicieux de la violence qui conduit des personnes déjà fragilisées à subir de nouvelles atteintes à leur intégrité physique et psychique. « Elles ont souvent l’impression de n’avoir aucune valeur. Parfois, elles acceptent d’avoir des relations sexuelles contre une cigarette », témoigne le Mouvement du Nid.
L’impact sur la santé physique et mentale
La prostitution expose les personnes à de nombreux risques pour leur santé : infections sexuellement transmissibles, grossesses non désirées, violences physiques, troubles psychologiques (stress post-traumatique, dépression, addictions).
Je m’indigne que notre société puisse tolérer un système qui génère autant de souffrances et de destructions. Derrière chaque « transaction » se cache une personne dont la dignité et l’intégrité sont bafouées.
Vers une société sans prostitution : quelles solutions ?
Face à cette réalité complexe, quelles solutions pouvons-nous envisager pour faire reculer le système prostitutionnel à Besançon et ailleurs ?
Renforcer l’application de la loi
La loi de 2016 pénalisant les clients constitue une avancée importante, mais son application reste insuffisante. Je plaide pour un renforcement des moyens alloués aux forces de l’ordre et à la justice pour identifier et sanctionner les clients, ainsi que pour démanteler les réseaux de proxénétisme.
La lutte contre les plateformes en ligne qui tirent profit de la prostitution doit également être intensifiée. « Ces plateformes ne devraient pas exister. C’est une forme de proxénétisme de tirer profit de la marchandisation d’autres corps, or cela est interdit par la loi », rappelle Sarah El Hamdani.
Développer les alternatives économiques et sociales
Pour permettre aux personnes prostituées de sortir durablement de ce système, il est essentiel de développer des alternatives économiques et sociales : parcours d’insertion professionnelle, accès au logement, accompagnement psychologique, régularisation administrative pour les personnes étrangères.
Je soutiens le renforcement des moyens alloués aux associations comme le Mouvement du Nid qui accompagnent quotidiennement les personnes prostituées dans leurs démarches de sortie de la prostitution.
Intensifier la prévention et la sensibilisation
La prévention auprès des jeunes et la sensibilisation du grand public constituent des leviers essentiels pour faire évoluer les mentalités et les comportements. Je défends une éducation à la sexualité qui valorise le consentement, le respect mutuel et l’égalité entre les femmes et les hommes.
Les campagnes de sensibilisation doivent également cibler les clients potentiels, en déconstruisant les mythes qui entourent la prostitution et en rappelant les réalités de violence et d’exploitation qui la sous-tendent.
Un combat qui nous concerne tous
La lutte contre le système prostitutionnel n’est pas seulement l’affaire des associations spécialisées ou des pouvoirs publics. Elle nous concerne toutes et tous, en tant que citoyens et citoyennes attachés à la dignité humaine et à l’égalité.
Je suis convaincue que chacun et chacune d’entre nous peut contribuer à faire reculer ce système d’exploitation :
- En s’informant sur les réalités de la prostitution, au-delà des clichés et des idées reçues,
- En soutenant les associations qui accompagnent les personnes prostituées,
- En participant aux actions de sensibilisation et de prévention,
- En refusant la banalisation de la marchandisation des corps,
- En promouvant une vision de la sexualité fondée sur le respect mutuel et le consentement.
La prostitution n’est pas une fatalité. À Besançon comme ailleurs, nous pouvons construire une société où la dignité de chaque personne est respectée, où les relations humaines ne sont pas réduites à des transactions marchandes, où les plus vulnérables sont protégés et accompagnés plutôt qu’exploités.
Je termine cet article avec cette citation du Mouvement du Nid qui résume parfaitement l’enjeu : « Quand on parle de prostitution, on a souvent tendance à opposer les personnes victimes de la traite et les personnes dites ‘libres’. Malheureusement, dans les deux cas, la prostitution reste bien souvent une violence et une atteinte à la valeur et la dignité de l’être humain. »

