Où sont les prostituées en Allemagne ? Un constat alarmant
Après 20 ans passés à aider les femmes à sortir de la prostitution en France, j’ai voulu enquêter sur la situation en Allemagne, où la prostitution est légale depuis 2002. Ce que j’ai découvert est profondément choquant et révoltant. Loin d’avoir amélioré les conditions de vie des travailleuses du sexe comme le prétendaient ses promoteurs, la légalisation a entraîné une explosion de l’exploitation sexuelle à grande échelle dans tout le pays.
Le meilleur endroit pour du sexe gratuit et légal
Dans les rues, partout
Contrairement à la France où le racolage est interdit, en Allemagne on trouve des prostituées dans les rues de toutes les grandes villes. À Berlin, Hambourg ou Francfort, il suffit de se promener le soir dans certains quartiers pour voir des femmes, souvent très jeunes, faire le trottoir. C’est particulièrement frappant dans le quartier de St. Pauli à Hambourg, où la célèbre Reeperbahn est bordée de vitrines derrière lesquelles s’exposent des femmes comme des marchandises. Un spectacle indigne et dégradant qui normalise l’exploitation du corps des femmes.
Mais le plus choquant est de voir des prostituées dans des petites villes, y compris près des frontières françaises. À Sarrebruck par exemple, juste de l’autre côté de la frontière avec la Lorraine, on trouve des maisons closes et des femmes racolant ouvertement dans la rue. Cela attire de nombreux clients français, contribuant à banaliser le recours à la prostitution.
Dans d’immenses « Eros centers »
La légalisation a entraîné le développement de gigantesques complexes dédiés à la prostitution, appelés pudiquement « Eros centers ». Le plus grand d’Europe, le Pascha à Cologne, compte 12 étages et plus de 120 prostituées ! On y trouve bars, restaurants, cinémas pornos, saunas… tout est fait pour attirer et retenir les clients. Ces usines à sexe tarifé sont de véritables temples de l’exploitation des femmes.
Dans ces bordels géants, les femmes sont censées être « indépendantes » et louer leur chambre. En réalité, beaucoup sont sous la coupe de réseaux criminels qui les exploitent. Elles doivent souvent travailler plus de 12h par jour, 7 jours sur 7, pour rembourser leur « dette ». Les conditions d’hygiène y sont déplorables et les violences fréquentes. Ces lieux concentrent tous les aspects les plus sordides de la prostitution.
Dans des appartements privés
Une grande partie de la prostitution en Allemagne a lieu de manière plus discrète dans des appartements privés. On trouve facilement sur internet des annonces pour ces « Wohnungsbordelle ». Les femmes y sont particulièrement vulnérables car isolées. Beaucoup sont des migrantes en situation irrégulière, exploitées par des réseaux criminels.
Cette prostitution « invisible » échappe à tout contrôle. Les risques sanitaires y sont élevés et les violences fréquentes. C’est aussi un moyen pour les proxénètes d’échapper à l’impôt, alors même que la légalisation était censée apporter plus de transparence.
Sur Internet et les applications
Comme partout, une part croissante de la prostitution en Allemagne passe désormais par Internet. Des sites comme Kaufmich.com (« Achète-moi » en français…) proposent les « services » de milliers de femmes dans tout le pays. On y trouve même des systèmes de notation des prostituées par les clients, comme s’il s’agissait d’un vulgaire service commercial.
Plus récemment, des applications de rencontres comme Peppr se sont développées, permettant de « commander » une prostituée comme on commande un Uber. Cette marchandisation absolue du corps des femmes est la conséquence directe de la banalisation de la prostitution entraînée par sa légalisation.
Dans les « drive-in du sexe »
Illustration parfaite de l’industrialisation de la prostitution en Allemagne : l’apparition de « drive-in du sexe » dans plusieurs villes comme Cologne ou Dortmund. Le concept ? Des box en bois où les clients peuvent s’enfermer avec une prostituée, le tout accessible en voiture. Officiellement pour « protéger » les femmes, ces installations ne font en réalité que faciliter l’exploitation à grande échelle.
Ces lieux déshumanisants réduisent l’acte sexuel à une simple transaction commerciale expéditive. Ils illustrent parfaitement la logique marchande qui prévaut désormais dans ce pays en matière de sexualité. Le corps des femmes y est littéralement consommé comme un fast-food…
Près des frontières
La légalisation en Allemagne a eu des effets délétères bien au-delà de ses frontières. De nombreuses maisons closes se sont installées juste de l’autre côté des frontières avec la France, la Belgique ou les Pays-Bas. Elles attirent une clientèle venue de ces pays, contribuant à normaliser le recours à la prostitution.
C’est particulièrement flagrant à la frontière franco-allemande. Des villes comme Sarrebruck sont devenues de véritables plaques tournantes du tourisme sexuel. On y trouve d’immenses complexes comme le Paradise, qui draine une clientèle venue de toute la Lorraine. Ces établissements font une publicité agressive, avec des slogans racoleurs vantant des tarifs attractifs. Une concurrence déloyale qui tire toute l’industrie du sexe vers le bas.
Dans les « Laufhäuser »
Autre spécificité allemande : les « Laufhäuser », littéralement « maisons où l’on marche ». Il s’agit d’immeubles entiers dédiés à la prostitution, où les clients déambulent dans les couloirs pour choisir une femme. Chaque prostituée loue une chambre à la journée et doit donc enchaîner les passes pour rentrer dans ses frais.
Ces lieux concentrent toutes les dérives de la prostitution : femmes exploitées par des réseaux mafieux, mineure en fugue, consommation de drogue… La logique commerciale y prime sur tout le reste. Les femmes y sont en concurrence permanente, contraintes de baisser leurs tarifs et d’accepter des pratiques à risque pour attirer les clients. Un système qui pousse à tous les excès.
Dans les clubs échangistes
La légalisation a aussi favorisé le développement de clubs échangistes proposant les services de prostituées. Officiellement, il s’agit d’établissements pour couples libertins. En réalité, on y trouve surtout des hommes seuls venus consommer du sexe tarifé.
Ces clubs fonctionnent souvent avec un système de forfait : le client paye un droit d’entrée qui lui donne accès à volonté aux prestations des femmes présentes. Une formule qui pousse à la surconsommation et nie totalement le consentement des femmes, réduites au statut d’objet sexuel à disposition.
Sur les aires d’autoroute
Phénomène particulièrement choquant : le développement de la prostitution sur les aires d’autoroute allemandes. Des femmes, souvent d’origine étrangère, y proposent leurs « services » aux routiers et automobilistes de passage. Elles sont particulièrement vulnérables, isolées au milieu de nulle part.
Cette forme de prostitution s’est développée en réponse à l’interdiction du racolage dans certaines villes. Elle illustre l’échec total de la politique allemande : loin de « protéger » les prostituées, la légalisation n’a fait que déplacer le problème vers des zones encore plus dangereuses.
Dans les salons de massage
De nombreux salons de massage en Allemagne sont en réalité des lieux de prostitution déguisés. On en trouve dans toutes les grandes villes, souvent tenus par des réseaux criminels d’Europe de l’Est ou d’Asie. Les femmes qui y travaillent sont pour la plupart en situation irrégulière et totalement à la merci de leurs exploiteurs.
Ces établissements illustrent l’hypocrisie du système allemand : officiellement, la prostitution est encadrée et les femmes « protégées ». En réalité, une grande partie de l’activité a lieu de manière cachée, dans des conditions sanitaires déplorables et avec des risques élevés de violences.
Lors d’événements sportifs
Les grands événements sportifs sont l’occasion d’un pic de la prostitution en Allemagne. Lors de la Coupe du Monde de football en 2006, des dizaines de milliers de femmes avaient été « importées » pour répondre à la demande. Des bordels géants avaient même été construits spécialement près des stades.
Cette exploitation à grande échelle se répète lors de chaque grand salon ou foire commerciale. À Munich pendant l’Oktoberfest ou à Hanovre pour le CeBIT, l’industrie du sexe se met en ordre de bataille pour répondre à la demande masculine. Une triste illustration de la banalisation de l’achat d’actes sexuels dans ce pays.
Dans les centres d’accueil de migrants
Fait particulièrement choquant : le développement de réseaux de prostitution au sein même des centres d’accueil pour demandeurs d’asile. Des enquêtes ont révélé que des femmes et des enfants y étaient prostitués, parfois avec la complicité du personnel.
Ces personnes déjà vulnérables sont des proies faciles pour les réseaux criminels. La légalisation de la prostitution en Allemagne a créé un terreau favorable à ce type d’exploitation, en banalisant l’achat d’actes sexuels y compris auprès des populations les plus fragiles.
Conclusion : un échec patent
Ce tour d’horizon de la prostitution en Allemagne montre l’ampleur du désastre engendré par sa légalisation en 2002. Loin d’avoir amélioré les conditions de vie des personnes prostituées comme le prétendaient ses promoteurs, cette politique a entraîné une explosion de la traite des êtres humains et de l’exploitation sexuelle à grande échelle.
La prostitution est désormais présente partout en Allemagne, dans les grandes villes comme dans les campagnes. Elle a été industrialisée et banalisée. Le pays est devenu le bordel de l’Europe, attirant des « clients » de tous les pays voisins.
Les femmes prostituées, censées être « protégées » par la loi, sont en réalité plus vulnérables que jamais. La grande majorité sont d’origine étrangère, souvent en situation irrégulière et à la merci de réseaux criminels. Elles subissent des conditions de travail déplorables et des violences quotidiennes.
Face à ce constat accablant, il est urgent que l’Allemagne change radicalement de politique. Elle doit s’inspirer du modèle abolitionniste nordique, qui pénalise les clients et non les personnes prostituées. C’est le seul moyen de mettre fin à cette exploitation massive et de protéger réellement les femmes.
En attendant, j’appelle tous les Français à ne surtout pas céder aux sirènes du tourisme sexuel en Allemagne. Recourir à la prostitution, même légale, c’est être complice d’un système d’exploitation. Pensez aux femmes derrière les vitrines : elles ont besoin de notre solidarité, pas de clients.

