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Prostitution à Bordeaux : cartographie et état des lieux

En tant que militante impliquée depuis de longues années dans la lutte contre la prostitution et l’accompagnement des personnes prostituées à Bordeaux, je souhaite dresser un état des lieux de ce phénomène dans notre ville. Il est crucial de comprendre l’ampleur, les dynamiques et les impacts de la prostitution afin de mieux la combattre et protéger les personnes vulnérables qui en sont victimes.

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1. Cartographie de la prostitution bordelaise actuelle

Aujourd’hui, la prostitution est surtout concentrée dans le quartier de la gare Saint-Jean et Belcier/Paludate. Les travailleuses du sexe y exercent principalement dans des camionnettes stationnées le long des boulevards (jusqu’à 150 certains soirs), dans des conditions sanitaires et sécuritaires déplorables. Elles sont à 95% étrangères, venant surtout d’Afrique (Nigéria, Cameroun) et d’Amérique latine. Beaucoup sont sous l’emprise de réseaux de proxénétisme et de traite.

D’autres formes de prostitution, plus discrètes, existent aussi à Bordeaux :

  • Dans des appartements, souvent loués par des réseaux
  • Dans certains bars à hôtesses, salons de massage, clubs libertins
  • Via des annonces sur Internet, qui se multiplient, surtout chez les étudiants

La prostitution étudiante est un phénomène préoccupant à Bordeaux. Bien que difficile à quantifier, elle semble en nette augmentation avec la précarité, accentuée par la crise sanitaire. Selon une étude, 4% des étudiants auraient déjà accepté un acte sexuel contre de l’argent et 15% l’envisageraient en cas de grande précarité.

2. Historique et évolution de la prostitution à Bordeaux

La prostitution à Bordeaux remonte à plusieurs siècles. Déjà au XVIIIe siècle, les prostituées étaient très présentes dans la ville, notamment dans le quartier Saint-Seurin. En 1769, on y recensait 243 « femmes du monde », âgées de 17 à 25 ans pour la plupart. Elles n’étaient pas pourchassées mais taxées, ce qui renflouait les caisses de la paroisse.

Au XIXe siècle, la prostitution s’est organisée avec la création de maisons closes, dites « maisons de tolérance ». C’était l’âge d’or des bordels comme La poule noire, Au canard, La boucle d’or ou La boule de neige. Mais en 1823, un arrêté a obligé toutes les prostituées à se regrouper dans le quartier de Mériadeck, devenu un haut lieu du tourisme sexuel. Les conditions de vie y étaient très dures.

En 1946, la loi Marthe Richard a aboli le système des maisons closes. Depuis, la prostitution est tolérée mais le proxénétisme et le racolage sont prohibés. En 2016, une nouvelle loi a instauré la pénalisation des clients, une avancée importante même si son application reste limitée. Malgré ce cadre légal, la prostitution perdure à Bordeaux, souvent de façon plus précaire et risquée pour les personnes qui la pratiquent.

3. Dynamique économique et sociale de la prostitution

Le marché du sexe génère des sommes considérables à Bordeaux, estimées à plusieurs millions d’euros par an, qui profitent surtout aux proxénètes et réseaux criminels. Les personnes prostituées ne touchent qu’une infime partie de cet argent et vivent dans des conditions très difficiles :

  • Précarité financière, administrative, de logement : beaucoup vivent dans des hôtels sordides, des squats, parfois à la rue.
  • Isolement social et affectif, stigmatisation, rejet familial : la prostitution reste très mal vue et condamne à la clandestinité.
  • Violences des clients, des proxénètes, parfois de la police : agressions, viols, séquestrations, menaces sont monnaie courante.
  • Problèmes de santé (IST, addictions, troubles psychologiques) et accès limité aux soins : la plupart n’ont pas de couverture médicale.

Malgré quelques structures d’accueil et d’accompagnement, beaucoup restent en marge des dispositifs de protection sociale et juridique. Celles qui veulent arrêter se heurtent au manque de solutions et de perspectives, surtout les étrangères sans-papiers. Sortir de la prostitution est un parcours long et difficile.

4. Impact sur la société bordelaise et perceptions

La prostitution suscite des réactions ambivalentes dans la population bordelaise. Si une partie est indifférente ou tolérante, beaucoup expriment un rejet, une stigmatisation des personnes prostituées vues comme « déviantes » ou « coupables ». Cela renforce leur isolement et les empêche de faire valoir leurs droits.

La présence visible de la prostitution dans certains quartiers crée aussi des tensions avec les riverains qui se plaignent des nuisances (préservatifs au sol, disputes, passages de voitures la nuit…). C’est le cas notamment à Belcier/Paludate où la cohabitation est difficile entre travailleuses du sexe et nouveaux habitants des immeubles récents. Une pétition a été lancée pour dénoncer les désagréments.

Plus largement, la prostitution a un impact négatif sur la sécurité et la santé publique à Bordeaux, avec :

  • Des risques sanitaires : IST (VIH, hépatites…), usage de drogues, problèmes gynécologiques et psychiatriques
  • Des problèmes de sécurité : agressions, vols, proxénétisme, traite d’êtres humains, atteintes aux mœurs sur la voie publique
  • Un effet de « normalisation » de la marchandisation des corps, surtout féminins, contraire aux valeurs d’égalité

Loin d’être un « mal nécessaire », la prostitution est une violence faite aux personnes vulnérables, souvent des femmes et des mineurs, qui porte atteinte à leur dignité et leurs droits fondamentaux. Elle profite à une industrie criminelle qui prospère sur la misère.

5. Initiatives et réponses des autorités et des organisations à Bordeaux

Face à cette situation, les pouvoirs publics bordelais et les associations tentent d’agir, avec des moyens souvent insuffisants :

  • La mairie a pris des arrêtés anti-prostitution et soutient des associations comme le Mouvement du Nid ou Ruelle. Mais la politique reste ambiguë entre tolérance et répression.
  • La police mène des opérations contre le proxénétisme (40 à 50 dossiers/an) et verbalise parfois les clients. Mais la loi de 2016 est peu appliquée et la prostitution des mineures explose (+68% en 4 ans).
  • Des associations comme La Case/IPPO interviennent pour l’accès aux droits, aux soins, la prévention des risques. Elles font des maraudes, de l’accueil de jour, de l’accompagnement social et sanitaire. Mais les besoins dépassent les moyens.
  • Un dispositif innovant, la plateforme numérique Rose, a été lancé par La Case pour informer les jeunes qui se prostituent, souvent en ligne. Mais il faudrait plus de solutions d’hébergement, de formation, d’insertion.

Malgré quelques avancées, la situation reste donc très préoccupante. Les parcours de sortie prévus par la loi de 2016 peinent à se concrétiser, faute de moyens et de volonté politique. Seules 5 personnes en ont bénéficié à Bordeaux en 2 ans. Les associations réclament plus de solutions pérennes et ambitieuses pour endiguer le fléau.

Conclusion

Ce tour d’horizon montre que la prostitution reste un problème majeur à Bordeaux, qui exploite la misère sociale et la vulnérabilité des personnes. Malgré une prise de conscience progressive et des initiatives positives, les réponses publiques et sociétales demeurent très insuffisantes.

Il est urgent d’aller plus loin dans la prévention, la protection des victimes, les alternatives à la prostitution, la lutte contre les réseaux et la responsabilisation des « clients ». Cela passe par :

  • Un soutien accru aux associations et dispositifs d’accompagnement, avec des moyens pérennes
  • Une meilleure application de la loi pénalisant les clients, avec des moyens dédiés
  • Des campagnes de sensibilisation sur les méfaits de la prostitution, déconstruisant les mythes
  • Une politique sociale ambitieuse pour s’attaquer aux causes (précarité, violences, inégalités)
  • Une approche plus protectrice pour les victimes de traite (titres de séjour, accès aux droits)

De futures recherches sont nécessaires pour mieux comprendre les parcours des personnes prostituées, les ressorts psycho-sociaux des clients, l’impact des politiques publiques. La prostitution n’est pas une fatalité : ensemble, en changeant de regard et avec des moyens adaptés, nous pouvons aider les personnes à s’en sortir et bâtir une société plus juste et égalitaire.

Sources
[1] https://www.fondationscelles.org/pdf/FACTS/RAPPORT-FACTS-V2-23MARS2021.pdf
[2] https://www.bordeaux.fr/images/ebx/fr/groupePiecesJointes/63517/2/pieceJointeSpec/209921/file/20220126_STSPDBDX2226PROJET.pdf
[3] https://www.lacase.eu/poles-intervention/dispositif-prostitution-poppy
[4] https://actu.fr/nouvelle-aquitaine/bordeaux_33063/la-prostitution-a-travers-les-ages-a-bordeaux-des-maisons-closes-de-meriadeck-au-grand-theatre_60040189.html
[5] https://www.lefigaro.fr/bordeaux/sante-information-a-bordeaux-une-plateforme-dediee-aux-etudiants-qui-se-prostituent-20230919
[6] https://www.francebleu.fr/infos/societe/prostitution-des-mineurs-a-bordeaux-la-plus-jeune-qu-on-ait-eu-dans-une-affaire-avait-13-ans-1846596
[7] https://www.sudouest.fr/economie/cub/euratlantique/prostitution-le-territoire-va-craquer-8605595.php
[8] https://www.sudouest.fr/gironde/begles/prostituees-sous-haute-bienveillance-9617723.php
[9] https://rue89bordeaux.com/2023/09/rose-une-plateforme-bordelaise-face-a-la-hausse-de-la-prostitution-chez-les-jeunes/
[10] https://actu.fr/nouvelle-aquitaine/bordeaux_33063/min-prostituees-techno-les-nuisances-sonores-crispent-les-habitants-de-ce-quartier-de-bordeaux_59943253.html
[11] https://www.persee.fr/doc/rhbg_0242-6838_2003_num_3_1_1435
[12] https://excerpts.numilog.com/books/9782307133667.pdf
[13] https://www.sudouest.fr/gironde/bordeaux/prostitution-en-gironde-au-lieu-de-nous-proteger-cette-loi-nous-tue-2718854.php

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