Que fait une prostituée ? Les réalités cachées
En tant que militante engagée, j’ai pu observer de près la réalité sordide de ce que font au quotidien les personnes prostituées. Derrière le mythe de la « travailleuse du sexe épanouie », se cache bien souvent une réalité faite d’exploitation, de violences et de traumatismes. Voici un aperçu sans fard de ce que vivent réellement ces femmes (car ce sont majoritairement des femmes) piégées dans l’engrenage de la prostitution.
Un quotidien fait de violences et d’humiliations
Contrairement à l’image fantasmée véhiculée par certains, le quotidien d’une personne prostituée est avant tout fait de violences physiques et psychologiques. Les agressions, viols et humiliations sont monnaie courante. Une prostituée subit en moyenne entre 10 et 15 rapports sexuels non désirés par jour, parfois beaucoup plus. Son corps est littéralement utilisé comme un objet par des clients qui se sentent tout permis une fois qu’ils ont payé.
Les témoignages que j’ai pu recueillir au fil des années sont glaçants : insultes, crachats, étranglements, coups… Sans parler des demandes de pratiques dégradantes ou douloureuses. Beaucoup de prostituées finissent par développer un syndrome de stress post-traumatique face à ces violences répétées.
Un corps malmené et abîmé
L’activité prostitutionnelle a également de lourdes conséquences sur la santé physique. Les rapports sexuels à répétition provoquent des lésions génitales, des douleurs chroniques, des infections urinaires à répétition… Sans parler des risques élevés de MST malgré l’usage du préservatif.
Pour tenir le coup, beaucoup ont recours à l’alcool ou aux drogues, ce qui aggrave encore les problèmes de santé. À long terme, le corps s’use prématurément. J’ai rencontré des femmes qui, à 40 ans à peine, avaient déjà le corps usé d’une personne de 60 ans.
Une vie sociale inexistante
Contrairement à ce qu’on pourrait croire, la vie d’une prostituée est souvent très solitaire. Les horaires décalés, la stigmatisation et la honte les isolent peu à peu de leurs proches. Beaucoup finissent par couper les ponts avec leur famille. Les amitiés sont rares, la méfiance est omniprésente.
Quant aux relations amoureuses, elles sont très compliquées à construire. Le traumatisme lié à l’activité rend difficile d’avoir une sexualité épanouie en dehors. Et peu d’hommes acceptent que leur compagne continue à se prostituer.
Une précarité financière permanente
Contrairement aux idées reçues, la prostitution n’est pas une activité lucrative pour l’immense majorité des personnes. Une grande partie de l’argent est en réalité captée par les proxénètes et les réseaux criminels. Ce qui reste ne permet bien souvent que de survivre au jour le jour.
De plus, l’absence de protection sociale (pas de chômage, pas de retraite) maintient les personnes prostituées dans une grande précarité. Beaucoup finissent SDF une fois qu’elles ne peuvent plus exercer.
Un quotidien rythmé par la peur
La peur est omniprésente dans le quotidien d’une personne prostituée : peur des clients violents, peur de la police, peur des agressions, peur des maladies… Cette angoisse permanente a de lourdes conséquences psychologiques.
Beaucoup développent des troubles anxieux, des insomnies, des dépressions. Les pensées suicidaires sont fréquentes. Le taux de suicide est d’ailleurs 12 fois plus élevé que dans la population générale.
Un parcours pour s’en sortir très difficile
Malheureusement, sortir de la prostitution est un véritable parcours du combattant. Les traumatismes psychologiques, le manque de qualification, la stigmatisation sociale sont autant d’obstacles à surmonter. Sans un accompagnement global (logement, formation, soins…), il est très difficile de s’en sortir durablement.
C’est pourquoi il est crucial de développer des programmes d’aide à la sortie de la prostitution, plutôt que de cautionner ce système d’exploitation en le banalisant.
Conclusion : non, la prostitution n’est pas un métier comme un autre
Comme on peut le voir, le quotidien d’une personne prostituée n’a rien à voir avec l’image glamour parfois véhiculée. C’est une réalité faite de violences, de souffrances et d’exploitation.
Plutôt que de chercher à « encadrer » cette activité, nous devrions collectivement nous mobiliser pour offrir de vraies alternatives à ces personnes et lutter contre le système prostitueur qui les exploite. C’est ce pour quoi je continuerai inlassablement à me battre.

